top of page
Rechercher

Où est passé le hors-champs ?



L’avènement des générateurs d’images et de vidéos par IA nous a offert un monde sans limites.

Un monde où tout peut être montré. Tout peut être cadré. Tout peut être inventé.


On peut zoomer à l’infini. Recomposer la lumière. Mélanger les époques, les styles, les textures.
Faire danser un roi maya dans un club berlinois en slow-motion 12K.
Et demain, faire ça en temps réel.


Mais à force de tout pouvoir montrer, ne sommes-nous pas en train d’oublier le hors-champ ?
Ce lieu invisible, cet espace mental que l’image suggère mais ne dit pas. Ce silence autour du cadre, qui nous laisse penser, projeter, imaginer.


Le hors-champ, c’est ce qui nous relie à l’œuvre. C’est la peur dans un film d’horreur quand on entend sans voir. C’est l’intensité d’un regard qu’on devine hors caméra. C’est la mémoire, c’est l’intime, ou l’interprétation.


Or l’IA, par sa puissance même, tend à lisser ces zones d’ombre.

Elle remplit, comble, révèle. Elle monétise le mystère et illustre la suggestion.
Et nous voilà avec des images parfaites mais closes, finies, saturées de tout.

Alors que devient notre imaginaire, si rien ne lui échappe ?

Et si l’invisible, l’indicible, le "manquant", étaient les vrais moteurs de notre émotion ?


 
 
 

Commentaires


bottom of page