Images en mutation : vers une création augmentée
- Thomas Blanchet-Buis
- 4 mai 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours

L’arrivée des intelligences artificielles génératives dans le secteur audiovisuel ne constitue pas une simple évolution technologique. Elle marque un déplacement, un glissement profond dans notre manière de concevoir, d’écrire, de produire et même de penser les images.
Depuis toujours, chaque innovation technique a redessiné les contours de la création audiovisuelle : l’apparition du son, de la couleur, du numérique, du montage non linéaire, des caméras légères, des plateformes de diffusion. L’IA générative s’inscrit dans cette continuité. Elle n’est ni une rupture absolue, ni une menace intrinsèque. Elle est un outil puissant, dont la portée dépend de la manière dont nous choisissons de l’intégrer.
Dans l’audiovisuel, le bouleversement est double. Il est créatif, parce qu’il permet d’explorer en quelques minutes des pistes visuelles, des univers graphiques, des variations narratives qui auraient auparavant nécessité des semaines de préproduction.
Il est organisationnel, parce qu’il modifie la façon dont les projets se structurent, s’écrivent, se documentent et se pilotent.
Mais une évidence demeure : un film, un dispositif de communication, une narration ne naissent pas d’un algorithme. Ils naissent d’une intention.
L’IA comme extension du geste créatif
Les outils génératifs offrent un champ d’expérimentation inédit. Ils permettent de tester des ambiances, de visualiser des concepts, d’anticiper des directions artistiques. Ils accélèrent la phase d’idéation, enrichissent les storyboards, ouvrent des possibilités formelles.
Pour autant, ils ne remplacent ni l’écriture, ni la direction artistique, ni le regard.
Une image générée n’a de valeur que si elle est pensée. Un film assisté par IA n’a de cohérence que s’il est structuré. Une narration augmentée n’a d’impact que si elle est dirigée.
L’enjeu n’est donc pas de substituer l’humain à la machine, mais de faire dialoguer leurs forces respectives : la capacité d’exploration et de calcul d’un côté, la sensibilité, l’intuition et le sens critique de l’autre.

Un processus de production qui évolue sans se dissoudre
Contrairement à certains discours alarmistes, l’IA ne rend pas obsolète le processus de production audiovisuelle. Elle le transforme, mais ne l’abolit pas.
L’écriture reste une étape structurante. La préproduction reste déterminante. La direction de tournage conserve son exigence. Le montage demeure un art du rythme et du sens. Ce qui change, c’est la fluidité entre les étapes.
Des outils comme NotebookLM permettent aujourd’hui d’agréger, d’analyser et de structurer des corpus documentaires pour nourrir l’écriture d’un projet. Ils facilitent la synthèse, l’organisation des idées, la cohérence d’un dossier. Des solutions SaaS comme PapleStory ou d’autres plateformes d’aide à la scénarisation offrent un cadre pour structurer des arcs narratifs, clarifier des intentions, formaliser des univers.
Ces outils ne “créent” pas à notre place. Ils assistent la pensée, organisent la complexité, et libèrent du temps pour ce qui compte vraiment : la vision, la démarche créative, l'objectif.
Pour une approche mixte, exigeante et responsable
Nous défendons une approche hybride. Une création qui reste ancrée dans les fondamentaux de l’audiovisuel - écriture, mise en scène, direction artistique, exigence technique - tout en intégrant les outils d’IA lorsqu’ils apportent une valeur réelle.
Cela implique :
de choisir l’outil en fonction du projet, et non l’inverse ;
de conserver une responsabilité éditoriale claire ;
de maintenir une exigence esthétique et narrative ;
de considérer l’IA comme un moyen, jamais comme une fin.
Une création augmentée, pas automatisée
L’IA générative n’annonce pas la fin des métiers de l’image. Elle en révèle l’essence, et nous oblige à revenir à la question fondamentale : pourquoi produisons-nous des images ? Pour raconter quoi ? Pour qui ?
En intégrant ces outils dans un processus de production structuré, rigoureux et créatif, nous ne perdons pas notre savoir-faire : nous l’augmentons.
C’est cette voie que nous choisissons : une création augmentée, exigeante et humaine, où la technologie s’intègre naturellement au service du récit.
Caenfeature Création, production et innovation au service du sens



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